Cécile Martel Robitaille

L’âme créative est mon plus beau cadeau reçu par mes lignées de femmes, alors ce projet d’écriture est une opportunité créative d’exploration et de partage.

Je souligne la vie qui nous habite tous et toutes via ce processus méditatif qui tisse la conscience, la reconnaissance et l’interdépendance de toutes phases et toutes formes de vie.

 

J’honore et remercie chaque femme qui a su se lever et élever les autres autours d’elles malgré les attentes, ainsi que celles qui ne l’ont pas fait pour leurs propres raisons.

Que le pont sacré de l’amour et de la solidarité nous lie, au-delà des croyances, dans la conscience et l’intelligence que « Le-plus-grand-que-Nous » manifeste déjà.

Tambour - illustration Sophie de la Brosse
Chant • Kasàlà TerritoiresCécile Martel Robitaille

Kasàlà Territoires

Grandir 

sur un territoire conquis.

Sans consentement. 

Essayer de comprendre l’Inconnu 

au creux de mémoires instinctives. 

Y retrouver un faible souffle,

Un soupir d’une vision,

Toujours en incubation. 

 

Je suis territoire non cédé.

Je sais que j’inspire la conquête;

Par mes espaces verts, ouverts

Que j’entretiens sauvagement.

Par ma source boréale,

J’éclaire l’amnésie et la myopie des opprimants.

 

Je suis Maman-mémoire et légataire.

Sachez que j’ai d’ensaché dans mon épigénétique

La résine gommeuse de cette certitude baumière. 

Celle qu’on transfuse en résilience enracinée 

dans l’immortalité du cycle de la vie-mort-dignité.

Nous sommes ramifié.e.s par le ‘grand-tout’ 

par le biais de toutes ces mères-mémoires.

Par toutes ces mères-mémoires, 

Nous restons ‘humanité-amour’ non cédé. 

 

(Battements tambour)

 

Je suis parfois cette peau détendue 

sur le tambour de mes jachères.

Je suis là, 

 à l’écoute du battement du temps 

qui gagne du terrain, 

Et de l’espace, qui lui, 

offre du temps. 

 

(Chantonner refrain, sans tambour)

Je n’entends que le troupeau de buffalo.

Ce grondement de la Terre que je ressens

Il arrive.

Jusque dans la moelle de mes os. 

 

Ce troupeau vibre ensemble et avance aveuglément.

Ce souvenir primitif résonne en moi que je viens de la Terre et que j’y retournerai. 

 

À leur passage, je m’agripperai au dos et à la crinière de l’animal au galop ahuri. 

J’apprivoiserai l’animal de ma peur en le tenant par sa tignasse.

Jusqu’à ce que mes mains réalisent,

La couleur blanchissante de la vieillesse de mon bison.

 

La bête s’arrêtera. 

Enfin elle s’arrêtera,

le moment où je cesserai de la nourrir de peurs. 

Et que plutôt, je lui déverserai les plus belles prières 

que ce monde connaît déjà…

 

La bête s’arrêtera net 

pour écouter les étendues de mon mental apaisé

Laissant place à ce nouveau monde 

d’opportunités

De régénération

Et de confiance. 

Et, 

Lorsque l’élan du troupeau inquiètera ma bête, 

Nous nous rappellerons de brouter pour les sept générations de mes ancêtres à honorer et

De laisser couler cette eau qui tressera ces sept générations en devenir d’espoir. 

 

Je caresserai les derniers poils rêches de ma bête

Pour lui rappeler d’où elle vient 

avec beaucoup d’amour et de compassion.

Mais surtout, 

Oh surtout, 

pour lui rappeler 

où elle désire vraiment aller. 

 

(Chant *2)

Oh le vent caresse la terre,

Et soulève la tignasse de mes peurs,

Vole et virevolte en poussière,

Rapporte-moi sens, espoir et couleur.

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